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Projet Foyer Maurice Sixto

   

Partenaire : Foyer Maurice Sixto

Zone d’intervention : Port-au-Prince

Nom du projet : Soutien au Comité de Suivi des Enfants (CASE)

Durée du projet : 3 ans Septembre 2011 à Août 2014

Budget : 60 000 €

  Le Foyer Maurice Sixto, porte le nom d’un professeur de littérature, conteur et humoriste haïtien, en hommage à ce grand artiste disparu. En 1990, Terre des Hommes Suisse a commencé une collaboration avec le Foyer Maurice Sixto, animé par un prêtre haïtien, le Père Miguel JEAN-BAPTISTE, qui a fait une partie de ses études à Fribourg, en Suisse. Sur la base des travaux réalisés par le psychologue américain Abraham Maslow concernant le développement de l'enfant, le Père Miguel a estimé que les cinq besoins essentiels des enfants n'étaient pas remplis dans le cadre de la domesticité, à savoir :
    - Le besoin de survie : soit le droit de se nourrir, de se reposer, d'échapper à la douleur.
    - Le besoin de protection et de sécurité. L'enfant Restavek ne connaît pas de sécurité physique, n'a pas d'espace privé, est soumis à diverses agressions violentes ou sexuelles.
    - Le besoin d'appartenance. Celui d'être accepté, de faire partie d'un groupe qu'il revendique comme sien. Or l'enfant ne fait pas partie intégrante de sa 'famille d'accueil'.
    - Le besoin de reconnaissance. L'enfant domestique est souvent dévalorisé.
    - Le besoin de se réaliser pleinement. Cela est presque impossible à réaliser par un enfant en domesticité qui ne reçoit ni éducation, ni formation professionnelle.

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  C'est ainsi que le Foyer Maurice Sixto (FMS), destiné à accueillir pendant leurs heures de liberté, l'après-midi, des enfants-domestiques, est né à Carrefour, banlieue populaire au sud de Port-au-Prince. L'objectif principal du FMS est d'apporter un soutien éducatif, psychologique et affectif aux enfants en domesticité afin de les aider à devenir des adultes autonomes et responsables. Le FMS a également pour but de sensibiliser les 'familles d'accueil' afin d'améliorer les conditions de vie et de travail des enfants.
  Le Père Miguel, qui dirige le foyer, a réussi à obtenir des 'familles-patrons' qu’elles acceptent de libérer les enfants après le service du matin. Actuellement, plus de 300 de ces enfants sont accueillis chaque après-midi pour des séances d’alphabétisation, d’animation et d’artisanat. Pour cela, il a fallu structurer le centre, trouver des fonds, engager des formateurs-animateurs, louer un local. Terre des Hommes Genève a offert son aide, ce qui a permis de donner un encadrement socio-culturel fait de joie, de respect et de partage à des enfants voués au 'travail invisible'.

  En 1993, un deuxième foyer est ouvert à Léogane, ville située à 35 km de Port-au-Prince avec l’aide d’une O.N.G. française. Là encore, c’est l’afflux des enfants de tous les âges. En 2006, un troisième site est ouvert dans l’Artibonite. Il s’agit, dès lors, de contribuer à la prévention de la domesticité enfantine en aidant les parents à scolariser leurs enfants. L’année suivante le cadre des activités s’élargit : mise en place d’un atelier d’ébénisterie, systématisation de la formation professionnelle des jeunes. L’objectif principal des FMS est d’apporter un soutien éducatif, psychologique et affectif aux enfants en domesticité afin de les aider à devenir des adultes responsables et indépendants. Les animateurs des FMS cherchent également à sensibiliser les familles où sont placés les enfants Restaveks pour qu’elles améliorent leurs conditions de vie. Malgré le manque d’assiduité, dû notamment à la fatigue et à une santé défaillante, les enfants reçoivent au foyer les apprentissages scolaires de base. L’affection que leur témoigne la 'Maman' du Foyer compense quelque peu la dureté de certains employeurs. Outre ces apprentissages, les enfants suivent des activités manuelles telles que la peinture, la couture ou la menuiserie. Des journées de loisirs sont également organisées pendant l’été avec, au programme, du théâtre, des chants et des jeux divers. Le Foyer recherche aussi les familles des enfants particulièrement maltraités afin de les réintégrer dans leurs villages. Il organise des campagnes d’information pour dénoncer le sort de ces enfants en domesticité. Pour toutes ces actions, le Foyer a reçu en 1992 et en 2007 le Prix des Droits de l’Homme de la République Française.
  Par la suite, grâce au bénévolat de quelques médecins haïtiens, les objectifs du Père Miguel ont pu s’élargir et mettre en place une assistance médicale, une clinique dentaire et une petite pharmacie.

  Le séisme du 12 janvier 2010 a profondément affecté les conditions de vie des enfants vivant en domesticité à Port-au-Prince. Comme pour d’autres organisations, les activités du FMS ont été brutalement suspendues au moment du séisme. Une partie du Foyer a été détruite et ses responsables ont organisé pendant plusieurs semaines des actions anti-stress, non seulement pour les enfants en domesticité mais pour tous les enfants du quartier et ceux de la rue qui se présentaient.

La phase d’urgence


  En 2010, suite au séisme, TdHF-AL68 s’est joint à TDH Genève pour apporter une aide d’urgence indispensable. Il fallait rapidement assurer l’accueil des orphelins en leur fournissant chaque jour un repas chaud. Afin que le foyer puisse reprendre ses activités, des tonnelles ont été construites. Celles-ci ont pallié au manque de bâtiments qui étaient inutilisables.
  Au cours de la catastrophe, certains membres du personnel de direction et d’encadrement sont décédés ou furent dans l’incapacité de travailler. Il a donc fallu recruter du personnel afin de pouvoir dispenser des soins médicaux, organiser des activités anti-stress et assurer la protection des enfants qui étaient en situation de grande vulnérabilité.
  Le Foyer a repris ses programmes d’éducation, en partie sous tentes ou sous tonnelles.
TdHF-AL68 a décidé de mettre en place une souscription et grâce aux nombreuses personnes qui y ont participé, nous avons pu envoyer une somme de 40000 € au FMS en 2010.

NOTRE PROJET ACTUEL

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Au côté de TDH Genève, cette action s’est traduite par :
    - Une aide d’urgence dans les camps de sinistrés.
    - Un accompagnement psycho-social et médical.
    - Une protection des enfants en situation de grande vulnérabilité.
    - La construction d’abris provisoires en dur pour l’accueil des enfants.

Soutien au Comité d’Appui et de Suivi des Enfants (CASE)


  Actuellement, bien qu’il reste encore énormément de choses à faire pour relever le pays des dégâts du séisme, nous sommes passés à une phase de normalisation du fonctionnement du FMS. Pour cela, nous continuons à travailler au côté de TDH Genève et nous soutenons plus particulièrement le Comité d’Appui et de Suivi des Enfants (CASE) qui est constitué par un groupe d’animateurs, d’une infirmière, d’une assistante sociale qui ont pour mission d’établir un lien entre le foyer et le milieu social des enfants en domesticité.
  Le CASE est le volet du FMS qui vise à garantir la protection, la sécurité, le respect des droits des enfants et leur épanouissement tant au foyer qu’au sein de leur famille d’accueil. Ses activités sont multiples. C’est à la fois un outil d’animation, d’intégration, de mobilisation communautaire, de visibilité et de sensibilisation à la problématique des enfants-domestiques. C’est au CASE que le personnel du FMS se réfère lorsqu’il y a un problème avec les enfants.
Ses missions sont multiples :fms
    - Visiter les familles d’accueil en vue de s’informer sur la situation de l’enfant.
    - Réaliser des rencontres mensuelles de sensibilisation des familles d’accueil.
    - Accompagner les enfants malades pour l’accès à des soins de santé à prix réduit.
    - Accompagner les enfants victimes de violences à la police.
    - Aider certains enfants à acquérir une identité civile.
    - Recueillir des enfants égarés ou fugitifs.
    - Rechercher des infos sur les familles d’origine des enfants fréquentant le FMS et si nécessaire, réintégrer l’enfant dans sa famille d’origine.
    - Organiser et planifier les différentes activités sociales à réaliser : cérémonies religieuses, fête du drapeau, activités récréatives telles que théâtre, expo des objets réalisés.
    - Encadrer les animateurs (trices) du camp d’été.
    - Assurer la mise en œuvre des procédures de protection des enfants "Keeping Children Safe"( ).

La formation des animateurs du CASE


  Nous apportons également notre soutien pour la formation des animateurs du CASE notamment dans le cadre du Keeping Children Safe (KCS). Le KCS est une sorte de trousse à outils favorisant la protection des enfants. Cette formation est primordiale pour les personnes travaillant avec les enfants afin de mettre en place des mécanismes assurant la prise en compte de la vulnérabilité de l’enfant et permettre la promotion des enfants pour leur épanouissement. Car, dans un pays complètement désorganisé comme Haïti, il est capital de pouvoir s’assurer que la prise en charge des enfants soit faite en leur assurant une protection maximale. Il est donc important que le personnel d’animation prenne conscience des droits des enfants .

Les activités d’animation


  Les animateurs du CASE se chargent également de l’organisation d’activités ludiques qui ont pour objectif l’épanouissement des enfants. Prenons par exemple la fanfare : elle permet bien évidemment l’apprentissage de la musique et d’un instrument mais favorise également l’intégration dans un groupe composé d’enfants de familles-patron, de familles du quartier et de Restaveks. De ce fait, cela permet à ces trois groupes d’enfants de mieux se comprendre et ainsi de favoriser les changements de mentalité envers les Restaveks. Cette fanfare se produisant les jours de fête, elle sera visible par beaucoup de monde, elle est un symbole fort de l’égalité entre les groupes d’enfants ce qui permet de sensibiliser le grand public sur la situation des enfants en domesticité. Il en va de même pour d’autres activités telles que des scènes de théâtre ou des expositions d’objets artisanaux réalisés par les enfants du FMS.

Les activités de sensibilisation

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  En développant sa visibilité par des activités ludiques : troupe de danse, troupe de théâtre, club de foot, fanfare. Cette dernière a réalisé plusieurs défilés dont celui du 18 Mai pour commémorer la fête du drapeau haïtien. Ce défilé a donné l’occasion d’apprécier toute la dimension des talents des jeunes du Foyer Maurice Sixto, contribuant ainsi à effacer certains préjugés dont ils font l’objet. En 2011, l’optique a été principalement de pratiquer une sensibilisation indirecte au travers des manifestations mêlant enfants-esclaves et enfants patrons, afin de lutter contre les préjugés. Pour le renforcement de l’action du CASE, le FMS a recruté du personnel à compétence spécifique (en droit, en assistance juridique, en droit à l’identité), l’a formé à l’esprit du Foyer pour une collaboration plus étroite avec la police, la brigade des mineurs, le tribunal pour enfants, les juges.
  Le CASE s’est trouvé face à une nouvelle demande : accueillir des enfants de l’extérieur en situation de danger, venant demander de l’aide. Dernièrement, le FMS a défendu devant les tribunaux une famille menacée qui avait dénoncé des abus de maltraitance. Ainsi par la sensibilisation, les conditions de vie précaires des Restaveks, admises dans la tradition haïtienne, soulèvent une prise de conscience et une lueur d’espoir de changement de comportement au sein de la société. Cette sensibilisation s’inscrit dans le cadre de la professionnalisation du personnel du CASE et du FMS. Le programme de conscientisation au cœur de la stratégie du FMS, constitue le fer de lance pour éradiquer à moyen et à long terme, le phénomène de la domesticité juvénile en Haïti.

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